Depuis quelques semaines on en parlait, ça y est on s'est enfin lancé!
Vendredi 7 décembre, je quitte le boulot un peu plus tôt (avec autorisation du chef s'il vous plaît) pour rejoindre Grégoire et Nicolas (VIE Canalsat et Total): c'est parti pour un we aventure!!
Après les deux heures de route classique pour arriver à Kribi, on fait une halte pour la nuit à Tara plage, un petit hôtel situé à l'entrée de la piste pour Campo.
Campo est la dernière "ville" camerounaise avant la frontière avec la Guinée Equatoriale, frontière représentée par le fleuve Ntem. Elle se trouve à environ 70 km de Kribi et reste atteignable seulement par une piste.
Le principe du we est de relier les deux villes non pas en 4*4 mais en bendskin.
Les bendskin, ce sont des petites motos chinoises, qui semblent se reproduire à une vitesse folle ici! Dans les rues de Douala, il y en a partout, partout, partout!! C'est un des moyens de locomotion les plus utilisés, surtout comme moto-taxi.
On profite calmement de la soirée (en dégustant notamment les succulents beignets de crevette à la sauce Tartare, spécialité de Tara plage), sur fond de bruits de vagues.
Le lendemain matin, tout le monde est sur le pont dès 7h30.
Première étape aller louer un bendskin (greg a déjà le sien).
Une demi-heure après, voilà nos motos prêtes, les pleins faits, les bidons d'essence remplis (pas de station service sur le bord de la piste!!).
Par contre, Nico ne sent pas très bien depuis ce matin: il est un peu chaud, il a mal à la tête, quelques courbatures...Ay ay ay, ici on n'aime pas trop ces symptômes, souvent signes de paludisme....
Je sors mon petit kit de diagnostic et on lui fait les tests. 15 min plus tard, bingo!! "YOU HAVE MALARIA!" comme l'indique le test!
Malgré tout, Nico ne veut pas rentrer et décide de partir quand même (dans mon ptit kit, ya aussi le coartem, qui soigne le palu).
On part alors à l'assaut de la piste.
Les motos filent, on avance, la piste n'est pas trop accidentée, on dépasse des cases, des villages, des plantations, on croise des gens. Au Cameroun, contrairement à chez nous, il y a toujours du monde dehors: des enfants qui jouent, des femmes qui cuisinent, des hommes qui parlent. Qu'on soit à la ville ou à la campagne, ici ça vit, ça respire, il y a de l'agitation permanente.
Les réactions des gens sont assez partagées. Certains, à notre passage semblent perdus. Que font des blancs ici, qui plus est sur des bendskin? D'autres sont amusés de nous voir sur nos motos. Certains sont un peu agressifs (une femme nous donne un coup de pied...), beaucoup nous font de grands signes pour qu'on s'arrête et nous demande "il n'y a rien pour moi?".
Heureusement, dans la grande majorité des cas, c'est surtout beaucoup de sympathie qu'on lit sur les visages, les gens nous sourient et nous saluent.
Certains passages deviennent plus difficiles, mais on a deux pilotes d'expertise!! On évite ou on plonge ds les flaques d'eau! On s'enlise dans la boue, on glisse sur de la pierre lisse...
Mais les paysages sont beaux, on est perdus au milieu de nul part, juste nous trois et nos motos. De temps en temps, une percée dans la forêt nous permet d'entrevoir la mer.
A mi-journée, on arrive à Ebodjé, moitié du chemin. Ebodjé est un village de pêcheur qui a la particularité d'être un centre de protection des tortues marines qui viennent pondre sur les plages de décembre à mars.
On y fait une halte, on rencontre le responsable du programme qui nous propose de l'accompagner cette nuit à la recherche des tortues. Des cases sont prévues pour accueillir les touristes. On décide de passer la nuit là. La case est située juste au bord de la mer, avec une vue sur les cocotiers et la plage fantastique!
On fait une halte baignade dans une mer claire et chaude. On est seuls au monde.
Des petits du village nous rejoignent, on joue un peu avec eux. Le moment est très agréable.
On décide de reprendre la piste et de faire l'aller retour juqu'à Campo. Il nous reste une trentaine de kilomètres.
Plus on avance, plus la piste se transforme en boue et en flaque d'eau, mais on persévère et après une heure de piste, on arrive enfin à Campo. On décidé d'aller voir la frontière. On profite de l'occasion pour s'arrêter au centre WWF pour prendre des renseignements sur la réserve de Campo Ma'an que nous ne manquerons pas de visiter une fois prochaine. Les 5 derniers kilomètres de piste vers Campo Beach, et la frontière, sont un vaste champ de boue, quasiment impraticable.
Mais comme on dit ici, on se bat et on arrive enfin à destination!
Devant nous le fleuve, la Guinée Equato, la plage... Il est 14h30, pause pique-nique!
On n'a plus qu'à se préparer pour rentrer sur Ebodjé...sauf que Nico se sent de moins en moins bien et pour cause il est brûlant...
Il faut trouver une pharmacie, acheter du paracétamol pour faire tomber la fièvre.
On retourne au village, les gens nous indiquent le dispensaire.
Le dispensaire se compose de quatre ou cinq cases en dures, vieilles, sans équipement, sans modernité.
Je rentre dans les cases pour trouver quelqu'un, il n'y a personne. Je découvre juste un seau entre deux cases, dehors, remplis de tuyaux de perfusions et de séringues usagées. L'endroit n'est pas vraiment rassurant...
Je finis finalement par trouver un responsable. On lui expose notre problème et très gentillement il part nous chercher du doliprane.
Le doliprane bu, on s'apprête enfin à repartir quand on s'aperçoit que la roue arrière de Nico est crevée...