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Prénom Aude-lise
Age 24
But du voyage Expatriation
Date de départ 01/07/2007
Nom CHAPUT
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Durée du séjour 1 an
Nationalité France
Description
Mes aventures Africaines!
Note: 3,4/5 - 10 vote(s).

Pays visité(s) :

Tous
Cameroun (Carte)


Localisation : Cameroun
Date du message : 20/02/2008
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 Réserve de Camp Ma'an: forêt équatoriale

Le 11 février, fête de la jeunesse, est férié au Cameroun.

Cette bonne nouvelle nous octroyant donc un we de trois jours, nous avons décidé de partir à l’assaut de la réserve de Campo Ma’an. La réserve de Campo Ma’an se situe en plein centre de la forêt équatoriale. C’est un vaste domaine où se mêlent jungle et animaux.

La fine équipe : Fabrice, Grégoire, Bérengère, Nicolas et moi !

On s’entasse dans le Hilux de Nico et c’est parti direction : Campo. Campo est situé à 70 km de pistes de Kribi, j’y avais déjà fait un tour lors du road-trip en moto.

A Kribi, Greg récupère son bend-skin et on part tous jusqu’à Grand Batanga, à environ 15 km de Kribi, sur la piste en direction de Campo. Là de grandes plages désertes, bordées de cocotiers nous attendent.  On mange de succulentes crevettes à la kribienne et des noix de cocos vertes, face à la mer, on fait quelques ploufs, instant de bonheur… !!

On reprend la piste en se répartissant sur la moto et dans le Hilux. Nico se croit dans  une course de rallye, j’ai un peu peur ! On s’arrête pour attendre les motards, on en profite pour jouer au ballon avec des enfants du village.

On finit par arriver à Campo, passage au bureau de protection de la réserve de Campo Ma’an, où on récupère Luther, notre interlocuteur qui a préparé notre expédition. Il nous conduit aux écolodges, à Campo Beach, au bord du Ntem fleuve de 50 mètres de large qui nous sépare de la guinée équatoriale. On choisit ensemble la zone où nous désirons nous rendre le lendemain : on sélectionne celle où nous avons le plus de chances de voir des éléphants.

Après un repas très copieux préparé par les cuisinières de l’écolodge, un ptit repos sur la plage sous les étoiles, on file se coucher.

Le lendemain : rendez-vous à 8h00 au bureau. On y est à 8h30. On rencontre le garde forestier , william, qui va nous accompagner, dernières recommandations de Luther, et c’est parti pour l’aventure.

Au bout d’une petite heure de piste, on s’arrête dans un village. Il nous faut prendre un guide. Le but est bien sûr de nous aider à découvrir la forêt mais le garde forestier nous indique que c’est aussi un moyen d’inclure la population dans la protection de la réserve et de lutter contre le braconnage.

Notre guide nous semble un peu bizarre, il fait de grands gestes, ne parle pas très bien français et a une longue machette dans la main droite, il s’appelle philamon, mais on ne tarde pas à le surnommer Matcheté. En deux secondes, il a attrapé bottes et kway et est prêt à partir.

On nous annonce qu’un arbre tombé sur la route à 5 km barre le passage. On charge donc dans  la benne des renforts pour déblayer la piste et on repart : 5 dans la voiture, au moins 5 dans la benne !

5 km plus loin effectivement un gros arbre barre le chemin, il va falloir des heures pour tout couper. Nico, pilote de 4*4 émérite, arrive à monter sur le talus pour contourner tout ça. On se remet en route, pas avant que Matcheté prenne un des ses copains à part et lui marmonne deux trois trucs pdt 5 minutes. C’est toujours suspect et peu rassurant quand ils font ça…

On parvient enfin à l’entrée de la réserve. Nous sommes à cet instant à 2h de piste de Campo, en pleine forêt équatoriale !

Nous entamons une lente progression, toujours en 4*4, toujours plus profondément dans la forêt. La piste est très peu large, à peine la place du Hilux, la végétation est très dense, des arbres sont au milieu du chemin. Heureusement Matcheté manie d’une main de maître sa machette et en moins de 4 minutes (chronométrées !!) il dégage tous les obstacles.

Au bout de 45 minutes de piste laborieuse, on gare enfin le 4*4.

La première ballade sera pour se rendre à la grotte aux buffles nous annonce Matcheté. Aller –retour nous en avons pour 2h.

Avant de pénétrer dans la forêt en elle-même, Matcheté nous rappelle les règles élémentaires : il nous fait mettre des habits de couleurs sombres pour ne pas nous faire repérer, nous rappelle que nous ne devons absolument pas parler et qu’il faut progresser en faisant le moins de bruits possibles (branches qui craquent, cailloux qui roulent…).

On pénètre doucement, délicatement dans la forêt,  un peu excités à l’idée de ce que nous allons découvrir. Très vite on entend des cris. On stoppe, on observe et on a l’immense chance de voir des feuilles bouger, des troncs se plier et des corps se balancer d’arbres en arbres. Tout un groupe de gibbons est là tranquillement en train de jouer et manger. On les distingue assez mal, ils sont cachés par le feuillage. Au bout de quelques minutes d’observations, on reprend la marche. Nous entendant et surtout nous sentant, on les voit tout à coup partir en courant, en se précipitant pour nous fuir.

La ballade continue. Sur les côtés du chemin, des termitières énormes. Matcheté en découpe une pour nous montrer les termites, drôles de petits vers blancs.  Il faut regarder partout à tout moments : empreintes de pattes, arbres inconnus, termitières en forme de champignon…Il faut observer, tendre l’oreille, être à l’écoute de chaque bruit, de chaque vibration. Il faut aussi regarder où on met les pieds ! Matcheté nous dit de courir vite afin d’éviter les fourmis qui se trouvent sur le sol. On passe tous en courant ladite zone, ravis d’avoir échappés à ces grosses fourmis, et quelques secondes plus tard, ça nous pique ça nous gratte ça nous mord ! Elles ont quand même réussit à nous grimper dessus. Elles font très mal. Le spectacle est assez drôle, on enlève les pantalons pour les écraser. Nico s’est fait mordre à la cuisse par l’une d’elle, il saigne, c’est pour vous dire. Après ce charmant intermède, on poursuit la promenade. Le chemin est jalonné de crottes (ça des crottes on en aura vu durant ces deux jours de ballade!) : de gorilles, d’éléphants…Matcheté s’immobilise : il a senti l’odeur de la biche. Il s’arrête et reproduit la cri de la biche : il pince son nez, racle le fond de sa gorge et émet un son pour le moins particulier…moment qui restera gravé dans les annales ! Avant de repartir, on voit deux beaux perroquets, au sommet d’un arbre qui nous observe autant que nous le faisons. On arrive à la grotte aux buffles, qui est en fait un énorme rocher sous lequel dorment les buffles. On s’approche très doucement, malheureusement, il n’y en a aucun. L’odeur est cependant assez forte, on voit les marques de leur corps sur le sol. Le plafond est rempli de chauves-souris qui nous foncent dessus quand on s’approche.

Après la pause-déjeuner, on demande à Matcheté si, au lieu de refaire le chemin inverse, on peut couper à travers pour rejoindre la voiture et se rendre directement au second spot d’observation. Il n’y a aucun souci.

On repart donc direction la voiture. On s’enfonce de plus en plus dans la forêt, la végétation est très dense, Matcheté ouvre le chemin à la machette, on escalade des rochers, on passe dans des endroits de moins en moins pratiquables…On croise de splendides oiseaux, des cris de chimpanzés nous font nous rapprocher de 3 ou 4 petits singes qui jouent dans les arbres (et que j’ai beaucoup de mal à avoir…), Matcheté appelle la biche…

On marche pendant 2 heures déjà (ce qui est plus long que le chemin aller censé être plus long que celui où on coupe à travers), Matcheté assure qu’il sait où on est, que c’est bon…jusqu’à ce qu’on arrive dans un sorte de cul de sac végétal, impossible de continuer. « Matcheté, tu es sûr que c’est le bon chemin ?Oui Oui ». On fait demi-tour, on marche pendant 30 min supplémentaires, pour se retrouver dans la même situation. Le ciel commence à s’assombrir, le soleil à disparu, les nuages montent et on continue de suivre Matcheté sur chacune de ses nouvelles pistes. On commence à s’énerver pour certains, à s’inquiéter pour d’autres. Ca fait maintenant plus de 3 heures qu’on marche, on ne sait pas où on est, nous n’avons aucun habit pour la nuit, encore moins de tentes ou de nourriture… Matcheté nous demande de l’attendre pendant qu’il part en reconnaissance. 30 minutes après il n’est toujours pas réapparu, et l’orage commence à gronder. Franchement, reconnaissons-le : ça y est j’ai peur !

Il revient enfin, il a vu la piste c’est bon, on le suit. L’orage éclate. On entend sur notre gauche un bruit énorme, des arbres qui tombent (élephants ? vent ?). On suit notre guide, il se met à pleuvoir et tout à coup c’est le déluge. En un instant nous sommes trempés des pieds à la tête, l’orage se rapproche (pour tous ceux qui connaissent ma peur des orages, vous pouvez imaginer mon niveau de stress). On marche 20 minutes sous la pluie,et devinez….on arrive à un cul de sac !! Il n’avait pas du tout vu la route. Pour couronner le tout, il se met à grêler, oui à grêler au Cameroun, et la foudre tombe à quelques dizaines de mètres de nous…

Les réactions des gens diffèrent : moi je ne dis rien, les bras croisés sur ma poitrine, comme pour me protéger, je suis un peu angoissée…Bérengère ne dis pas grand-chose, Grégoire s’énerve après Matcheté, Fabrice rigole et Nico ne parle pas trop.

Au point où nous en sommes : deux solutions. On s’arrête et on cherche un abri pour passer la nuit (en pleine jungle au milieu de toutes les bêtes), parce que dans une heure il va faire nuit, ou on continue un peu ? On opte, sans trop y croire pour la deuxième solution. On suit à nouveau Matcheté, on a de l’eau jusqu’au cheville tellement l’eau ruisselle, on remonte une sorte d’allée et on arrive au pied d’une rivière…qu’il faut traverser. En temps normal ce doit être un petit ruisseau mais avec cette pluie, c’est devenu une bonne petite rivière, avec du courant. Pas le choix, il faut traverser, j’ai de l’eau jusqu’en haut des cuisses, je m’accroche aux branches. Au point où on en est… On est tous un peu dépités, on continue de monter l’aller et là miracle, comme dans un film, au moment où on n’y croyait plus, on retrouve notre bonne veille piste. Bonheur et soulagement, ça fait du bien. Comme on n’est pas rancunier pour deux sous, on oublie quasi aussitôt les deux dernières heures de perdition totale !!

On retrouve le Hilux, trempés mais soulagés !!

Il ne nous reste plus beaucoup de temps avant la nuit, il faut monter les tentes, allumer le feu (ce que fait magistralement Matcheté malgré un bois trempé). On se change, hum ça fait du bien d’être au sec !!

Autour du feu, on mange, ça fait du bien à tout le monde, shamallow grillés, ça réconforte !!

On parle avec William et Matcheté. Celui là nous dit « Heureusement que vous avez voulu continuer, parce que moi j’avais plus le courage, je pensais qu’on était perdus »…

Mini-ballade sur la piste pour voir quelques animaux de nuit, on voit rien, on rentre, on se couche.

La nuit sous la tente, en pleine forêt tropicale est peu agréable : beaucoup d’humidité, c’est étouffant, beaucoup de bruits d’animaux (je m’imaginais régulièrement une troupe d’éléphants passer sur nos tentes…).

On se réveille avec le jour, peu reposés. On démonte le camp et on part pour une petite ballade à pied. Cette fois-ci on choisit un chemin rectiligne à l’aller et au retour, et william le garde forestier, marque le chemin en cassant des tiges sur notre passage.

La ballade est courte, une grosse heure, mais l’instant est magique. Il est 7h du matin, la nature se réveille, une légère brume enveloppe la végétation, on entend quelques bruit d’oiseaux, on aperçoit des singes qui se balancent d’arbres en arbres, les arbres qui bordent le chemin sont grands et majestueux, william nous en donne les noms, malheureusement j’ai oublié…

On finit la ballade sur la piste, on aperçoit quelques singes supplémentaires et c’est l’heure de rentrer. On remonte dans le Hilux, 45 min de piste pour retrouver la sortie de la réserve, le pare-buffle se décroche de temps en temps. A la sortie, on aperçoit un caméléon sur le bord de la piste, on descend l’observer avec Grégoire. On arrive enfin à la piste. On rejoint le village, on dépose Matcheté, sans oublier de le payer, ce qui lui donne une immense sourire !On apprend tristement que le Cameroun a perdu en final de la CAN ! On croise une expédition de garde forestier qui a tenté de baguer les éléphants. En dix jours, ils ont vu les animaux une seule fois, pas trop de regrets pour nous ! Dans la piste qui nous ramène à Campo, je suis dans la benne avec William, il me donne des explications sur la réserve, la faune, la flore… On arrive enfin à Campo. Il ne faut pas traîner, la route est longue jusqu’à Douala. On prend un verre au bar du coin. Grégoire a retrouvé son bend skin. Et c’est reparti vers Kribi. Un peu avant d’arriver à la station, on mange sur une plage déserte, mais il se met à pleuvoir. C’est définitivement le moment de rentrer chez nous : la douche nous appelle !

Le we a largement tenu ses promesses, tant sur le plan découverte que émotionnelle. Vivre la forêt tropicale de l’intérieur est une expérience fantastique. On a juste un regret ne pas avoir croisé les éléphants !!


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