On attaque alors la descente de l'autre côté.
Peu à peu le vent tombe, on sort des nuages, on se réchauffe, tout ça pour découvrir des paysages fantastiques.
A partir de là ce n'est plus que du bonheur. On commence par descendre des flancs de montagne recouverte de poudre de lave. C'est un peu la même chose que quand on descend en courant la dune du Pyla, sauf que le sable jaune est remplacé par de la lave noire!! C'est génial, on court, on tombe, on se relève (au passage des gravillons de lave sur les paumes ou sur les genoux, ya plus agréable...!), on repart. Après les 3h d'ascension du matin, on revit!! C'est très grisant!
Peu à peu s'étalent devant nous des champs de lave, de vieux cratères, le paysage est lunaire. J'essaye d'ouvrir le plus grand mes yeux pour capturer tout ça, tout en continuant à dévaler la colline!
Peu à peu la végétation commence à réapparaître, et on atteind une grande plaine, remplie de lave. Mais cette fois-ci, finit les ptits gravillons, place aux gros rochers compacts.
A ce moment là, on a à peu près 4h de retard sur le programme initial: pas de temps à perdre, il faut tracer, la nuit tombe à 18h.
Daniel, un des porteurs prend les choses en main, le rythme est plus que soutenu, à peine le temps de s'arrêter prendre des photos, pas de pauses...on traverse la plaine en une petite heure au lieu des 2h30 habituelles!!
Les coulées de lave se succèdent, les cratères version auvergne s'enchaînent, avec en toile de fond l'océan et les mangroves. On retraverse quelques pentes herbeuses, des plaines, on grimpe sur les vieux cratères...Tous les trois (avec valérie et vincent), on est enchantés....on a encore rien vu!!
Au détour d'un vieux cratère, on découvre, complètement scotchés, les cratères de 1999. Il faut savoir que le Mont Cameroun, est un volcan en activité et que la dernière grosse éruption a eu lieu en 1999.
Le spectacle est fantastique (jugez en par les photos): des énormes cratères noirs, rouges, ocres, qui fument encore par endroit! La végétation n'a pas encore eu le temps de repousser, les pentes des volcans sont encore recouvertes de suie, de lave...L'odeur est soufre est soutenue....
C'est très difficile de retranscrire ici l'émerveillement que l'on ressentait à ce moment-là, mais rien que d'en parler ici, j'ai une envie folle d'y retourner!! Oublié le froid du sommet, les efforts dans les pentes herbeuses, exit le mal aux pieds, les cuisses qui tirent, pour profiter d'un moment tout simplement magique.
On a la chance de passer entre ces cratères et de monter en haut, de regarder au bord, comment c'est à l'intérieur...
La nuit nous rattrape, on ne peut pas tarder plus, il faut rejoindre le campement de Mann Spring.
La fin du voyage est tt aussi beau: marche dans des plaines recouvertes de cendres, de suie, de lave en gravillon...avant de redéboucher sur des plaines herbeuses, avec au loin Malabo, île appartenant à la guinée équatoriale.
Les paysages sont féériques!
La nuit est presque là, il faut accélérer le pas. Ca devient difficile, on a mal partout, ça tire, ça trébuche, ça tombe (surtout quand on doit marcher ds des herbes qui m'arrivent à l'épaule, difficile de voir ses pieds...) et au détour d'un vieux cratère, bonheur et délivrance: le refuge!!
On aura mis 7h15 pour arriver au refuge au lieu des 9h annoncés!!
Entendez par refuge, une espèce de petit abri, où on dort à même le sol, non avec un peu de paille sous nous quand même!!
On se retrouve autour d'un bon feu, ça réchauffe. La fatigue est bien présente, le repas se fait attendre. Plus assez de forces ni de courage pour le superflu, on mange tous ensemble, à même la casserole et on file dormir.
Le lendemain, réveil à 5h30. Impossible de faire un pas, les jambes tirent trop!! Impossible de mettre les chaussures, les ampoules font mal!! Mais ya pas le choix, il reste encore 7h de marche pour rentrer! Alors on mange un peu, histoire d'avoir quelques forces, on goûte aux cacahuètes grillées que nous a préparées Georges et c'est reparti!
Pdt, une heure, on traverse des champs, des coulées de lave, on passe derrière le petit Mont Cameroun (le Mont Etindé) avant de s'enfoncer dans le forêt...
La fin du voyage est difficile, plus de trois heures de marche dans la forêt, le sol est très glissant, ça descend, la végétation tellement envahissante que Georges ouvre le chemin à la machette, le paysage est monotone, la fatigue se fait sentir, Vincent s'est plus ou moins foulée la cheville....
Mais au final, on s'en sort quand même et vers 12h, on ressort enfin de ma jungle et on retrouve la civilisation!!!
Un petit verre avec l'équipe avant de prendre le taxi pour rejoindre Buéa! Nos porteurs et notre guide ont vraiment été géniaux pdt ces trois jours de marche: pour nous motiver, pour nous aider, pour nous renseigner!15 kilos sur le dos chacun, des nus-pieds en plastique au pied, pas de manteaux, et aucun qui se plaint, aucun qui râle. Il y a eu beaucoup d'échanges entre eux et nous, ce qui a rendu cette épopée sur le Mont Fako (c'est son nom local), ce qui veut dire le "char des dieux", encore plus inoubliable. Ils m'ont même appris quelques mots du dialecte local!
Retour sur Buéa, on mange vite fait un petit bout avec eux (petit bout dont je me souviendrai puisque ça m'a rendue malade pdt deux jours!) et on repart direction Douala, direction une bonne douche chaude, des habits propres, une bonne chaleur humide...
On dit aurevoir au Mont Fako, pas adieu, on reviendra...